Difficultés respiratoires · Paralysie ou faiblesse membres arrière · Impossibilité d'uriner · Plus de 3 vomissements en 24h · Gencives pâles, blanches ou bleues · Effondrement ou perte de conscience · Saignement non maîtrisé · Trauma visible
1. Coryza félin — la grippe du chat
Le coryza est la maladie respiratoire la plus fréquente du chat. Il est causé par plusieurs agents pathogènes dont l'herpesvirus FHV-1 (principal) et le calicivirus FCV. L'herpesvirus persiste à vie dans les ganglions nerveux — les chats guéris restent porteurs et peuvent rechuter lors de stress ou d'immunodépression.
Le traitement est symptomatique : antibiotiques si surinfection bactérienne, antiviral (famciclovir) pour FHV-1, nettoyage des sécrétions, soutien nutritionnel (les chats anorexiques refusent de manger s'ils ne sentent pas). Humidifier l'air avec un diffuseur d'eau peut aider à décongestionner.
2. Panleucopénie féline — le typhus
Le typhus est une urgence médicale absolue. Sans traitement intensif (perfusion, transfusion dans les cas graves, isolement strict), la mortalité chez le chaton atteint 90%. La vaccination est efficace à 99% — c'est l'une des plus belles réussites de la médecine vétérinaire préventive. Un seul primovaccination correctement réalisée peut protéger un chat toute sa vie.
3. Leucose féline — FeLV
Le FeLV est la principale cause de mortalité chez les chats extérieurs de moins de 5 ans. Il détruit le système immunitaire et prédispose aux lymphomes. Un chat FeLV positif doit être gardé strictement en intérieur pour éviter la transmission. Il n'existe pas de traitement curatif, mais des thérapies de soutien permettent de gérer la maladie et maintenir une qualité de vie acceptable.
4. FIV — l'immunodéficience féline
Le FIV (Feline Immunodeficiency Virus) est l'équivalent félin du VIH humain. Il se transmet principalement par morsure — les mâles entiers se battant fréquemment sont les plus exposés. La prévalence en Europe est de 2 à 4% dans la population générale.
Un chat FIV positif peut vivre une vie longue et de qualité s'il reste en intérieur (protégé des infections opportunistes) et bénéficie d'un suivi vétérinaire régulier. Le dépistage est recommandé pour tout chat adopté, toute introduction dans un foyer multi-chats, et tout chat ayant eu accès extérieur.
5. Insuffisance rénale chronique (IRC)
L'IRC est irréversible mais manageable. La clé est la détection précoce : le marqueur SDMA (symétrique diméthylarginine) permet de détecter une perte de fonction rénale dès 25%, contre 75% pour la créatinine. Un bilan sanguin annuel à partir de 7 ans est donc un investissement qui peut gagner des années de qualité de vie.
6. Diabète sucré
Le diabète félin touche 1 chat sur 230 en France, avec une forte prédisposition chez les mâles stérilisés en surpoids. Les symptômes classiques sont la polydipsie (soif intense), la polyurie (urines fréquentes et abondantes), la perte de poids malgré un appétit conservé, et la faiblesse des membres postérieurs (neuropathie diabétique).
Bonne nouvelle : contrairement au diabète humain, le diabète félin peut entrer en rémission avec un traitement précoce adapté (insuline + alimentation low-carb). Jusqu'à 30% des chats diabétiques diagnostiqués tôt n'ont plus besoin d'insuline après 3 à 6 mois de gestion nutritionnelle stricte.
7. Hyperthyroïdie
L'hyperthyroïdie est la maladie endocrinienne la plus fréquente du chat senior (plus de 8 ans). Elle est causée par une hyperplasie bénigne de la glande thyroïde. Les signes : perte de poids rapide malgré un appétit vorace, hyperactivité inhabituelle, vomissements, diarrhée, poil terne. Sans traitement, elle entraîne des complications cardiaques et rénales graves.
Le traitement au méthimazole (comprimés ou gel auriculaire) est très efficace. Une solution définitive par iode radioactif (I-131) est disponible en centres spécialisés — guérison dans 95% des cas en une seule séance.
8. FLUTD — Troubles urinaires du chat
Le FLUTD (Feline Lower Urinary Tract Disease) regroupe les infections urinaires, les calculs, les obstructions et la cystite idiopathique féline (CIF). L'obstruction urinaire chez le mâle est une URGENCE VITALE : si votre chat fait des allers-retours à la litière sans uriner, miaule en posture d'uriner, consultez immédiatement — une obstruction peut être mortelle en 24 à 48h.
La prévention passe par l'hydratation (fontaine à eau, alimentation humide), la gestion du stress, et pour les chats prédisposés, un aliment de prescription vétérinaire (Hill's c/d, Royal Canin Urinary).
- ABCD Advisory Board on Cat Diseases — Guidelines maladies infectieuses 2024
- IRIS — International Renal Interest Society — Classification IRC 2023
- Little, S.E. (2012). The Cat: Clinical Medicine and Management. Elsevier.
- Hartmann, K. (2012). Clinical aspects of feline retroviruses — Viruses, 4(11), 2684–2710.
- AFVAC — Association Française des Vétérinaires pour Animaux de Compagnie